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L'État s'en mêle : Jack Lang suspend tout

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Le 23 juin 1981, coup de théâtre : Jack Lang, tout juste arrivé au ministère de la Culture, ouvre une instance de classement. Cette procédure suspend immédiatement toute démolition pour une durée d’un an. La halle est sauvée… provisoirement.

La nouvelle fait l’effet d’une bombe : les travaux, qui devaient commencer « dans les jours qui viennent », sont bloqués net.

Pour Sudreau, c’est une humiliation. Dans la presse, il fustige « l’ingérence des tutelles parisiennes », accuse Jack Lang d’intervenir pour « des raisons politiques », et refuse sans détour ce qu’il considère comme une remise en cause de son projet de modernisation de la ville. La municipalité répète que la démolition est la seule solution « rationnelle », avançant des chiffrages vertigineux pour disqualifier toute restauration.

En face, le Comité de défense publie des devis contradictoires beaucoup plus modestes, et organise toujours plus de rassemblements festifs et concerts improvisés pour maintenir la pression.

Pendant ce temps, le ministère mandate l’atelier Traversière pour étudier l’état du bâtiment et ses possibilités d’usage. Le verdict, rendu début 1982, est sans appel : la halle peut être restaurée et réutilisée comme salle culturelle, et la partie congrès peut être installée ailleurs, notamment au château.

La tension monte d’un cran. Dans la presse, le débat se transforme en véritable affaire d’État, observée avec un mélange de passion, d’exaspération et de fascination.

 

Nouvelle République, 29 juin 1981

AD de Loir-et-Cher