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1981 : Une démolition annoncée... et un vent de rébellion

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À l’orée de 1981, tout semble joué : la halle aux grains doit disparaître. La municipalité, menée par Pierre Sudreau, tient enfin les autorisations nécessaires. Le permis de démolir est signé, les financements en partie trouvés, les marchés prêts à être conclus. La vieille halle du XIXᵉ siècle, que l’on juge trop vétuste et incapable d’accueillir le grand centre de culture et de congrès voulu par la Ville, semble vivre ses derniers mois.

Et pourtant, le feuilleton commence précisément là. La perspective de la démolition déclenche une mobilisation immédiate : le 2 juin 1981, des habitants, militants écologistes, artistes et amoureux du patrimoine fondent un Comité de défense de la halle. On installe des tentes, on organise des veillées. La pétition circule à une vitesse inattendue : bientôt, la presse évoque 10 000 signatures, un chiffre ahurissant pour une ville de cette taille.

L’affaire quitte alors le cadre local. La visite très médiatisée d’Alain Bombard, secrétaire d’État à l’Environnement, change la donne. Bombard prend fait et cause pour le bâtiment et invite publiquement les défenseurs à saisir le ministère de la Culture.

En quelques jours, la halle, promise à une démolition discrète, devient une cause nationale. Les journalistes affluent ; la Nouvelle République consacre des articles quotidiens à ce qui prend des allures de bras de fer politique.

 

Nouvelle République, 5 juin 1981

AD de Loir-et-Cher