1848-1850 : Chantier et inauguration
En 1848, la Révolution bouleverse l’organisation politique et sociale du pays. Partout en France, l’État et les municipalités sont encouragés à lancer de grands travaux publics afin de soutenir l’emploi, dans un contexte marqué par les tensions économiques et la mise en place des ateliers nationaux. C’est dans ce climat particulier que le chantier de la nouvelle halle aux grains prend forme.
En décembre 1848, la Ville de Blois procède à l’adjudication des travaux, soigneusement découpés en plusieurs lots pour permettre à un plus grand nombre d’entrepreneurs, d’ateliers et d’ouvriers de participer au chantier. Le coût total est alors estimé à plus de 175 000 francs, une dépense considérable pour une commune de cette taille, mais justifiée par son utilité sociale autant que par son ambition urbaine.
Le chantier n’est pas exempt de péripéties : les tailleurs de pierre se mettent en grève, divers points techniques donnent lieu à des échanges mouvementés entre la municipalité, l’architecte Jules de la Morandière et les entrepreneurs. Malgré ces aléas, les travaux avancent régulièrement.
Le 26 août 1850, la halle est inaugurée en grande pompe, comme l’atteste l’invitation imprimée envoyée aux autorités civiles et aux notables. En s’élevant face à la préfecture et au palais de justice, elle vient fermer le quatrième côté du grand quadrilatère administratif imaginé par la municipalité : un ensemble monumental qui façonne durablement le nouveau visage de la place de la République.
Projet de halle aux grains, détail de la façade
1845
AD de Loir-et-Cher, 1 Fi 472/2
Invitation à l’inauguration de la halle
22 août 1850
AM de Blois, 1 Z 59
